J'ai encore rêvé de Paris la nuit dernière.... J'incline ma tête sur le coté, elle touche ma fenêtre. Je soupire. Mes yeux ne sont plus une fente. Je ne vois plus qu'une trace orange violacé, plutôt floue...Un couché de soleil.
Est-ce mes larmes qui obstruent ma vu ?
Dans mon esprit bourdonne le doux carillon de ma boîte à musique. Je rapproche mon porte cigarette de ma bouche. Je pense alors au bal, aux bordures dorées, à la poudre blanche, aux rouges à lèvres sang... et que sais-je encore....
Je m'élance en arrière et danse au rythme de cette douce mélodie qui envahi ma chambre, mon corps, mon âme. Ma robe tourne avec moi dans mon ballet effréné, je ris. De faibles rayons de lumières se projettent sur le marbre de mon balcon. Un souffle de vent s'engouffre dans ma chambre, ma robe s'envole d'autant plus. Maintenant je ris au éclat, je m'imagine, Paris, ses grandes avenues, ses immeubles à l'architecture irréprochable, ses dames élégantes, ses opéras, ses théâtres, ses bals, ses artistes, sa polémique, sa misère, sa superficialité....Je me souvient de l'époque. J'ai l'impression de ne pas être de votre univers.
J'ai un décalage.... de plusieurs siècles... ?
Je m'arrête aussitôt de tourner. Mes larmes ont colées mes cheveux à mon visage, je suis essoufflée. Je relève doucement la tête vers ma fenêtre.
Oui, il fait bel et bien nuit à présent...